Le paradigme linéaire et la production de la violence.

Teresa – La pensée linéaire face à la complexité des phénomènes a fondé des théories, comme le positivisme d’Auguste Comte, qui ne valorisent pas la subjectivité et l’imagination humaine. Comment voyez-vous la relation entre la pensée linéaire et la production de la violence ?

João Roberto -La subjectivité et l’imagination sont à la base de tout. De la subjectivité et de l’imagination naît l’action qui crée l’expérience, et de celle-ci viennent la régulation, les valeurs et enfin la culture. L’expérience et la connaissance sont les héritières de ces énergies qui nous poussent à la création.  Le Positivisme est ancré dans le paradigme linéaire, et la pensée linéaire a deux caractéristiques fondamentales : la disjonction et la réduction. Dans le processus de disjonction, il sépare les parties d’un tout, en même temps, il réduit ou minimise la compréhension des phénomènes – oubliant le fondement de l’interdépendance et du pouvoir que les parties exercent sur le tout. C’est une vision étroite. Prenons la dichotomie arbre-forêt, par exemple. Le spécialiste est celui qui comprend l’arbre et non celui qui comprend la forêt. Il se focalise sur une partie seulement, il ignore donc l’influence que le tout a sur elle. Le généraliste est celui qui se focalise sur le tout– la forêt – et ignore la partie, – l’arbre.

Le paradigme de la complexité, contrairement à la vision linéaire et positiviste, englobe le tout et la partie, et leurs interactions. Cela signifie qu’il met l’accent sur la singularité et la pluralité des phénomènes. C’est un processus dynamique et dialectique. Il est dialectique puisqu’il transite d’une perception à l’autre. Tout et partie, partie et tout. Les fondements du paradigme de la complexité favorisent une immense avancée vers l’élargissement de la compréhension humaine de la réalité. C’est le principal défi de l’intellectualité, la réforme de la manière de penser, si bien systématisée par l’intelligence d’Edgar Morin. Le paradigme linéaire, ainsi que la disjonction et la réduction qui le caractérisent, est à la production de la violence ce que le paradigme de la complexité est à la construction de la paix. La compréhension de la complexité est une voie sûre dans l’édification pacifiste. La certitude positiviste est source de violence. On tue et on meurt pour des certitudes erronées. Dans ce panorama, je déclare mon attirance pour la Mythologie, son ouverture sur l’imagination, son intemporalité et sa polysémie qui incitent à la pluralité et à la diversité.


Every week you will find an interview here. To begin this series, we have invited the thinker and writer João Roberto de Araújo. In his seventies, this daring visionary is seeking the global expansion of his experience as a social emotional educator. He is the founder of “50-50 SEL SOLUTIONS” which has the ambitious objective of reaching at least 50% of the world population with the foundations of Social Emotional Learning by 2050. This will only be possible with the participation of a network of complementary agents, with the intention of “being the bridge” between the many needs and possible responses.
Teresa Magalhães, a writer and literature professor, was invited to interview him.

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