Lutte, non-violence

Teresa – Quelle est l’importance du Mahatma Gandhi dans le contexte de la construction de la paix ? 

 João Roberto – Le Mahatma Gandhi croyait en des choses simples telles que aimer son prochain comme soi-même, une maxime responsable de grands changements dans la trajectoire humaine. L’histoire de l’indépendance de l’Inde, qui a vécu sous la domination de l’empire britannique, s’est réalisée grâce au leadership de ce grand pacifiste. Pour lui, le travail était plus important que les lois, car il existe des lois injustes de même qu’il y a des hommes injustes. 

Son combat prit la forme d’une courageuse désobéissance civile qui désorienta de nombreux dirigeants de son époque. Il affirmait que “les hommes pouvaient confisquer ses biens, mais sa dignité, jamais”. Il n’a jamais consenti à tuer. Son “arme”, c’était la parole en défense de son peuple, il demandait aux Indiens de lutter, mais sans jamais utiliser la violence. Sa solidarité se manifestait aussi, en partie, par le jeûne et la prière. Il jeûnait dans l’intention ressembler aux affamés de son pays et aussi comme une forme de protestation. Ce fut un homme cohérent dont la pensée et l’action étaient en harmonie. “Il faut que tu deviennes le changement que tu souhaites voir dans le monde”, disait-il. Il n’obéissait pas au pouvoir de ceux qui n’agissaient pas conformément à la justice. Dans un discours adressé à son peuple, victime de discrimination raciale en Afrique du Sud, il déclara : “Nous ne donnerons pas de coups, mais nous en recevrons, et par notre douleur, nous obtiendrons que nos adversaires se rendent compte de l’injustice. Ce sera douloureux, comme toute lutte est douloureuse. Mais nous ne perdrons pas. Nous ne pouvons pas perdre. Ils peuvent  torturer mon corps, me casser les os et même me tuer. Alors, ils auront mon cadavre, mais pas mon obéissance”. Son courage a touché des milliers d’Indiens, et il a aussi ému le monde entier. 

L’une des stratégies utilisées par Gandhi, et qui eut des résultats positifs dans la lutte pour l’indépendance du peuple indien,  fut une marche de 400 km, pour contester le monopole des Anglais sur la production du sel. La Marche du Sel fut une action provocatrice, une fois de plus, d’insoumission au règlement anglais qui exigeait le paiement d’un impôt sur le  sel. Il affirma à ce sujet : “Sous ce climat, le sel est une nécessité pour vivre, tout comme l’air et l’eau. On en a besoin pour nous, pour le bétail et la terre. Ce monopole cessera au moment où nous obtiendrons l’indépendance. Alors, pourquoi ne pas l’abolir dès aujourd’hui ?”. Il tissait lui-même ses tuniques et incita ses frères à en faire de même, en fonction du principe de non-coopération avec l’injustice . Il souligna le concept d’Ahimsa, de non-violence, le principal fondement de la construction de la culture de la paix.


Chaque semaine, il y aura dans cet espace une interview. Pour inaugurer cette série, nous invitons le penseur et écrivain João Roberto de Araújo. Cet audacieux et visionnaire septuagénaire cherche à étendre son expérience d’éducateur socio-émotionnel à l’international. Il a fondé la “50-50 SEL Solutions” dont son ambitieuse intention est de faire connaître les fondements de l’Education Socio-émotionnelle à au moins 50% de la population mondiale avant 2050. Ce ne sera possible qu’avec la participation d’un réseau de relais complémentaires qui serviront de “passerelles” entre les multiples besoins et les réponses possibles.
Teresa Magalhães, écrivaine et professeure de Littérature, l’interviewe.

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