La violence d’hier et d’aujourd’hui

Teresa – La violence de nos jours est-elle plus forte que celle d’hier ?

João Roberto – La planète est traversée de réseaux de communication. Télévision, téléphones portables et internet nous inondent d’informations, en particulier d’incitations sensationnalistes à la violence, devenue la matière  première essentielle des médias. Nous sommes soumis à la condition de spectateurs de la souffrance des autres. Jamais nous n’avons été si proches d’un sens de responsabilité universelle, d’une possible éthique planétaire et d’un  profond rejet des mécanismes producteurs de l’oppression.

Simplistes, nous avons la perception erronée que l’homme est maintenant plus cruel. Pourtant, la violence du passé était bien plus forte que celle de maintenant. Nous sommes en plein processus d’humanisation où l’homme récupère et  développe sa nature coopérative et son attention pour autrui. Nous avons accès aux nouvelles avec une rapidité sans précédent et les douleurs humaines s’affichent à la une des journaux et revues, à toute heure, en temps réel. Et nous nous indignons davantage. La violence nous gêne beaucoup plus. Il n’y a pas très longtemps, quand on voyait un enfant se faire battre par sa famille, personne ne s’en mêlait. Ou quand on était en présence de la violence de l’homme envers sa femme, dans un couple, on disait : – C’est leur problème, ne nous en mêlons pas. – À l’heure actuelle, il y a des dispositifs pour réfréner la violence domestique et familiale envers les enfants et la femme. L’État interfère dans les relations familiales. Il y a une plus grande transparence.

(Colocar aqui as fotos do negro e do ex-presidente norte-americano?)

Il suffit de se rappeler l’esclavage, une pratique sociale où un être humain avait droit de propriété sur un autre qu’il traitait en esclave, une condition imposée par la force. L’esclave était considéré une marchandise.

Les suffragettes

Encore récemment, la femme n’avait pas le droit de vote. Y a-t-il une discrimination plus violente que celle-là ? Une fois la Première Grande Guerre passée, on donna le droit de vote aux femmes anglaises de plus de 30 ans.

Aspasie de Milet

Dans la Grèce classique, la femme était considérée au même plan qu’un animal. Il existait trois types de femmes : les courtisanes, les concubines et les épouses. Sans la moindre valeur sociale, toutes étaient victimes de la violence masculine et patriarcale. Comme toujours, toute règle comporte de curieuses exceptions. Une femme remarquable à cette époque fut Aspasie, une courtisane du monde classique grec. Ce fut une grande partenaire du roi  Périclès, durant le siècle d’or d’Athènes. Tout fut formidable à l’époque de Périclès. Il encouragea les arts et la littérature, favorisa la démocratie athénienne. Sa maîtresse, Aspasie, était célèbre pour son intelligence et sa beauté. Elle organisait de nombreuses soirées chez elle et participait également à la vie politique de son époque. Elle fonda une école de philosophie et rhétorique. Une surprise absolue dans un monde d’hommes qui soumettaient les femmes par la violence. Les courtisanes, peu nombreuses, servaient les intérêts sexuels des hommes et certaines d’entre elles participaient à des réunions philosophiques. Ensuite, occupant une position sociale peu valorisée, venaient les concubines, la plupart servaient uniquement aux plaisirs du sexe. En dernier lieu, également insignifiantes dans le  contexte social, se trouvaient les épouses, pour procréer, faire la cuisine et garder le silence. Ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire était leur règle de conduite. De vraies esclaves. Dans la maison grecque, les femmes vivaient confinées dans un espace secondaire, la cheminée, la cuisine, le gynécée, tandis que les hommes vivaient dans l’espace noble des salles à banquets, la maison des hommes. Voilà le lourd héritage de la violence contre la femme que nous recevons, notre berceau culturel. Il n’est pas naïf d’affirmer que la violence est moindre de nos jours. Mais il suffit de regarder en arrière et d’observer, entre autres, les points que je viens de décrire.


Every week you will find an interview here. To begin this series, we have invited the thinker and writer João Roberto de Araújo. In his seventies, this daring visionary is seeking the global expansion of his experience as a social emotional educator. He is the founder of “50-50 SEL SOLUTIONS” which has the ambitious objective of reaching at least 50% of the world population with the foundations of Social Emotional Learning by 2050. This will only be possible with the participation of a network of complementary agents, with the intention of “being the bridge” between the many needs and possible responses.
Teresa Magalhães, a writer and literature professor, was invited to interview him.

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